Il faut commencer par imiter, apprendre, prélever, s'imprégner.

Lorsque le relevé de l'impro est disponible, tout lire plusieurs fois, puis s'approprier des petits bouts de phrases. 

Lesquels? Ceux qui restent en mémoire après avoir joué plusieurs fois de manière concentrée. Il faut juste être attentif à cette petite séquence musicale qui trotte dans la mémoire et que l'on a envie de chantonner ou de siffloter pendant que l'esprit est occupé à autre chose, ou juste, se repose.

Le cerveau travaille au classement, au tri et à la mémorisation quand il n'est plus occupé et qu'il est au repos, en mode pause.

Donc phase 1 : on s'imprègne en écoutant la video et en déchiffrant tout durant quelques jours.

Phase 2:  on observe attentivement ce qui reste après un moment de repos, qui peut être de quelques jours durant lesquels le cerveau bosse dur.

Phase 3 : on attrape tout de suite le petit bout de phrase qui nous trotte dans l'esprit, on le ferre comme un poisson, et on se l'approprie. Comment?

En le transposant dans plein de tonalités différentes, et en le jouant dans des tempo et des grilles différents. Des blues par exemple.

Puis on le modifie progressivement, et ça devient un des éléments de notre langage.

On passe alors au morceau suivant et on recommence.

Mais on continue à se chanter mentalement les phrases apprises.

On se constitue alors une base "mémoire" de départ, déclinable, des éléments de langages qui vont servir à acquérir de l'assurance.

Mais très vite, si on veut avancer et jouer le jeu du jazz et de l'improvisation, il faudra inventer ses propres phrases, et prendre la bonne résolution de ne plus jamais jouer des phrases déjà existantes!

C'est exactement ce qu'a décidé un beau jour Joe Zawinul, pour moi le plus grand musicien de cette deuxième moitié du XXème siècle.